Custo diariste

Accomplissement

Voilà, ma rentrée est faite. Cette année c’est une grosse promo. Contrairement aux années précédentes j’y suis allée très sereine. Je connais mon cours par coeur. Je me dis que la formation est professionnalisante même si je la donne à des personnes qui s’accrochent au milieu scolaire en faisant une année de spécialisation post licence parce qu’elles ne se sentent pas prêtes à affronter le terrain.
Cette année, en plus de cette mission convoquée en tant qu’experte, j’ai candidaté auprès d’un organisme public pour dispenser des formations du même type. Ce ne sont que deux jours (débloqués en fonction du nombre minima de 5 inscrits) mais c’est un salaire pour une seule mission !
J’avais multiplié les options ces derniers mois pour me construire un monde professionnel suffisant pour vivre, plaisant et surtout compatible avec ma vie familiale et c’est maintenant le cas. Un mi temps salarié (qui me dispense de charges sociales conséquentes) completé par une journée en cabinet, un mercredi après midi avec les enfants (qui commencent le conservatoire la semaine prochaine!) et une journée four-tout ou je place pêle-mêle mon activité de coordinatrice, de prof, de formatrice...C’est le bonheur ! Tout ca en ne dépassant pas les 30 hebdomadaires sur le terrain. (j’ai quand même les bilans, la compta...à la maison)

Cet été nous sommes rentrés au pays et on a fait le plein, d’amitié, de distractions, de détente...et toujours pas de sommeil ! Lili vient de fêter ses huit mois et dort aussi peu que les filles qui ont fait leurs premières nuit complètes à 2 ans 1/2 ! Psychologiquement ca nous a fait un bien fou de décrocher mais physiquement je suis rentrée épuisée comme à mon arrivée, comme ces derniers mois depuis sa naissance et c’est toujours le cas. Je m’habitue et très rarement je dors deux heures pour récupérer. L’allaitement (je tire mon lait partout au boulot!...) me rend surhumaine.
Les amis nous demandaient comme à chaque fois si on pensait revenir par ici un jour. Impossible ! MPL à un super statut ici, en France dans le système scolaire il devrait soit repasser par la case départ et gagner deux à trois fois moins, ou viser de très grandes écoles ou le personnel est sous pression et en compétition. Ici il est très aisé de produire ses cours comme il le souhaite, son post est en pénurie ce qui lui permet de travailler où il veut. L’aménagement de son post et ses spécialités lui permettent d’être 80% du temps à la maison ce qui est grand luxe pour la vie de famille et la gestion des imprévus qui vont avec.

De mon côté mon métier est un titre protégé en France et comme il n’y a pas de reconnaissance possible je devrais travailler avec d’autres casquettes et sans ancienneté probablement ce qui diviserais mes revenus par trois. Et puis les filles devraient être scolarisées en langue française et renoncer à leur bilinguisme ce qui n’est pas envisageable.
Et pourtant...à chaque fois qu’on est en France, qu’on profite des paysages, de la proximité de la mer, de cette ville que j’aime tant on se requestionne nous même...et on rechoisit de n’y rester qu’un mois par ans. Au moins mes enfants pourront s’imprégner de ma culture, avoir une connaissance et peut être un jour un ancrage dans leurs deux nationalités.
Septembre m’a d’ailleurs confronté à un renouvellement de mon titre de séjour et offert la possibilité d’un titre permanent pour dix ans.

La stabilité professionnelle va nous permettre de souffler, de nous retrouver dans un rythme plus respectueux des besoins de chacun. Nos projections vont maintenant être plus familiales qu’individuelles. Heureusement, et on se le dit souvent qu’on a la chance d’avoir des métiers passionnants. Par comparaison je me rappelle parfois des moments où j’exerçais des métiers d’exécutante, moins porteur de sens pour moi...désormais je me sens vraiment privilégiée et je souhaite me vivre dans le moment présent. Je vais travailler avec entrain, j’aime le fait d’apporter du plaisir, du bien être, du soutien, de l’espoir, j’aime éduquer, former, rééduquer, soigner, conseiller, référer, bilanter...quand le travail vient vous enrichir, vous nourrir personnellement il est alors un facteur de développement favorable pour lequel vous être doublement rémunéré.