Custo diariste

entre deux nuits 31 juillet 2011

7h30 harassée je rentre d’une nuit de travaille plutôt mouvementée.
Pas une d’entre elles se ressemblent et celle ci m’a offert son lot de surprises. Je me sens vidée, exténuée, souvent épuisée… Tout mon être réclame réparation !

A peine entrée je m' débarrasse de mon sac dans l’entrée, me déchausse en me dirigeant vers l’escalier, tout me parait si pesant… d’un pas tout aussi léger je monte l’escalier qui mène à la salle de bain. Sur le chemin je déboutonne mon chemisier à la hâte et dégraphe ma jupe avant même de passer le seuil.
J’entre en l’abandonnant au sol.

En une poignée de seconde je me dépèce de mes bas un à un avant de me libérer de ce carcan qui me contentionne le haut. C’est recouverte de peu de tissus que je me contemple brièvement dans le miroir qui expose sans complexes les signes de fatigue que je ne peux ignorer. Mes pieds nus foulent péniblement le plancher.
Plus qu’un pas pour me réfugier dans la douche et m’inonder de plaisir.

Le contraste saisissant de l’eau stimulante et le manque de résistance qui m’appelle au repos se chamaillent. J’évacue la pesanteur de la nuit, je me départis de sa pénibilité, je me purifie… J’écourte ses soins de nécessités transitoires pour me sécher et me glisser, nu sous les draps.

Parfois j’y retrouve la chaleur d’un corps, tout pelotonné. Je me glisse vers lui, me faufile dans la chaleur des draps qui me résistent dans l’agencement qu’il leur à donné toute au long de la nuit. Instinctivement il s’éveille à mon contact...
Cette masse engourdie, toute endolorie vient se blottir, me caresser, dans une tentative d’appel à la sensualité, il me saisir, m’envelopper de douceur....
S’en suit une étreinte très contrastée, entre fraîcheur et chaleur de peaux, éveil et somnolence...
J’aime livrer mes dernières forces dans cet ultime combat ! Sentir que je brave mes limites, que j’abandonne mes résistances, avant de mériter moi aussi le repos du guerrier !

Plus tard lors ce que l’aurore bien installé appelle mon homme à la vie, je perçois à peine un mouvement qui marque mon abandon et m’impose la solitude des lieux. Seul mon corps réagit, prend ses aises et occupe l’espace à loisir...Mais à chaque fois, c’est seule que je me réveille. Ce moment me fait horreur. Le gouffre de la solitude me violente d’un vertige qui me cueille dans cet espace de vulnérabilité que sont les premières secondes d’éveil. A ce moment là, l’après midi est bien avancé.

Le défilé des sorties de bureau encombre la rue rythmée par les véhicules quasi stagnants. Leurs résonnantes et le ronflement régulier des moteurs aux rythmes lents me stimule paisiblement. Le soleil qui décline côté Ouest commence à pénétrer la chambre par les failles des volets et m’invite au réveil. Le corps confus, engourdit, en perte de repères, se contorsionne péniblement dans les draps à peine froissé…

Je m’offre le luxe de me passer d’assistance mécanique pour boucler mon sommeil et m’arracher à lui. J’aime ce bien être qu’offre habituellement le confort d’une grâce matinée. Se réveillé quand la boucle est bouclée, quand la dernière phase de sommeil paradoxal vous a fait son cadeau, le rêve. Cette étape naturelle me donne le privilège de vivre chacun de mes "matins PM" si particulier, une transition fantasmée.
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Je commence donc chacune de mes journées avec l’état floutté d’une pensée émanant de ce monde parallèle et fantaisiste du reve : j’adore!
Pas de coupures bippées, d’obligations de l’abandonner, non, juste le plaisir illusoire d’éssayer de le prolonger, de le façonner...
Je me fais violence pour m’en extirper car j’ai maintenant quelques facilités à le faire durer.
Un décompte diurne touche à sa fin et ma journée vient de commencer… je dois y aller, faut y retourner…